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Camions citernes d'eau à Mexico

La ville de Mexico s'est construite sur une série d'anciens lacs. Le sol sur lequel repose la métropole moderne aujourd'hui très étendue était autrefois chargé d'eau douce. Mais cette situation commença à changer au début du XIXième siècle avec la découverte de grandes quantités d'eau dans les nappes phréatiques sous pression, exploitée au moyen de puits artésiens. Les premiers signes de grave diminution de la quantité d'eau dans la nappe phréatique se manifestèrent vers 1930 lorsque les gens commencèrent à creuser un grand nombre de puits profonds.

La nappe phréatique fournit aujourd'hui près de 80 % de la quantité d'eau utilisable à Mexico City. Mais la demande de plus de 18 millions d'habitants de Mexico City assèche les aquifères et provoque le lent enfoncement de la ville dans le sol tendre de l'ancien lit des lacs. Mexico City s'est déjà enfoncée d'environ neuf mètres au cours du siècle passé.

Parallèlement à l'accroissement incessant de la deuxième plus grande métropole du monde, ses besoins en eau, eux aussi, augmentent. Entre-temps, l'approvisionnement dans cette région relativement aride est de plus en plus dur. Le réseau municipal d'alimentation en eau est âgé et aggrave la situation. Canalisations rouillées et tuyaux qui fuient entraînent un gaspillage de plus de 25 % du précieux liquide.

De nombreux habitants de Mexico City vivent loin des canalisations du réseau de distribution. Dans les banlieues qui poussent aussi vite que des champignons et dont le développement échappe à tout contrôle, les réseaux de canalisations sont tout simplement inexistants. Dans d'autres régions, le service municipal est intermittent au mieux. La plupart de ces citoyens doivent chercher ailleurs.

Il y a peut-être un million de personnes qui dépendent entièrement du transport d'eau par camions citernes ou par véhicules plus petits, tels que des vélos équipés de petits réservoirs. Certains vivent dans des quartiers neufs et planifiés. Là, les camions citernes font partie du système de distribution officiel et sont subventionnés par des fonds municipaux.

Dans les quartiers non planifiés, souvent des bidonvilles, la seule source d'approvisionnement en eau réside dans les camions citernes privés. Les plus pauvres, ceux qui ne sont pas desservis par les réseaux de canalisations et sans assainissement adéquat, n'ont pas d'autre choix que de s'approvisionner chez des fournisseurs motorisés. Au comble de l'ironie, ce sont eux qui paient les prix les plus élevés. Prisonniers de leur dépendence envers les entrepreneurs privés, certains dépensent plus d'un dixième de leur maigre revenu annuel pour assurer leurs besoins en eau dans une ville où ceux qui sont desservis par le réseau de distribution paient bien moins cher.

L'eau acheminée par camions citernes est souvent de meilleure qualité que celle qui coule des fameux robinets de la ville, mais sa qualité n'est pas à ce point différente. De nombreux fournisseurs transportent tout simplement de l'eau du robinet filtrée dans des citernes d'acier—et d'autres fournissent une eau de si mauvaise qualité qu'elle est impropre à la consommation. C'est dans des récipients en plastique que les résidents ramènent l'eau chez eux.

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